Créer une société pour investir en bourse

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Créer une société pour investir en bourse

L’investissement boursier par le biais d’une structure sociétale représente une stratégie patrimoniale de plus en plus prisée par les investisseurs avertis. Cette approche permet non seulement de bénéficier d’avantages fiscaux significatifs, mais aussi de protéger son patrimoine personnel tout en optimisant la gestion de portefeuilles d’envergure. Face à la complexité croissante des marchés financiers et aux évolutions réglementaires constantes, créer une société dédiée à l’investissement offre une flexibilité et des opportunités d’optimisation que les comptes-titres individuels ne peuvent égaler. Cette démarche nécessite toutefois une compréhension approfondie des implications juridiques, fiscales et administratives pour maximiser ses bénéfices.

Structures juridiques optimales pour l’investissement boursier : SAS, SASU et EURL

Le choix de la structure juridique constitue la pierre angulaire de toute stratégie d’investissement sociétale. Chaque forme présente des caractéristiques spécifiques qui influencent directement la fiscalité, la gouvernance et la flexibilité opérationnelle. La SAS (Société par Actions Simplifiée) se distingue par sa souplesse statutaire exceptionnelle, permettant d’adapter précisément les règles de fonctionnement aux objectifs d’investissement. Cette flexibilité s’avère particulièrement précieuse lorsque plusieurs investisseurs souhaitent mutualiser leurs capitaux avec des profils de risque différents.

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) répond aux besoins des investisseurs individuels cherchant à séparer leur patrimoine personnel de leurs activités boursières. Cette structure offre une protection optimale contre les risques liés à la volatilité des marchés tout en conservant une gestion simplifiée. L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) présente quant à elle des avantages spécifiques pour certaines stratégies, notamment en matière de charges sociales et de simplicité administrative.

Régime fiscal de la SAS pour les plus-values boursières

Le régime fiscal de la SAS en matière de plus-values boursières présente des avantages considérables par rapport à l’imposition des particuliers. Les plus-values réalisées lors de la cession de titres sont soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) au taux de 25% pour les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 250 millions d’euros, ou au taux réduit de 15% sur les premiers 42 500 euros de bénéfice pour les PME. Cette imposition unique évite la complexité du régime des particuliers avec ses abattements pour durée de détention et ses prélèvements sociaux variables.

La SAS bénéficie également de la possibilité de compenser les moins-values avec les plus-values de manière illimitée dans le temps, contrairement aux particuliers qui ne peuvent reporter leurs moins-values que sur dix ans. Cette flexibilité permet une optimisation fiscale sur le long terme, particulièrement appréciable dans le cadre de stratégies d’investissement diversifiées. La gestion active des portefeuilles devient ainsi plus efficace fiscalement, permettant de réaliser des arbitrages sans contraintes temporelles strictes.

Avantages de la responsabilité limitée en SASU pour les investisseurs individuels

La responsabilité limitée constitue l’un des atouts majeurs de la SASU pour l’investissement boursier. Cette protection juridique circonscrit les risques financiers au montant des apports effectués dans la société, préservant ainsi le patrimoine personnel de l’investisseur. En

pratique, cela signifie que, même en cas de krach boursier ou de perte totale d’une ligne en portefeuille, vos biens personnels (résidence principale, épargne privée, etc.) ne peuvent pas être saisis pour couvrir les dettes de la société. Cette étanchéité entre patrimoine privé et patrimoine professionnel constitue un véritable pare-feu pour l’investisseur individuel.

La SASU permet par ailleurs d’organiser librement la gouvernance et les règles de distribution des dividendes, ce qui est précieux lorsque vous souhaitez arbitrer entre rémunération par salaire, dividendes ou mise en réserve pour réinvestissement. Vous pouvez, par exemple, décider de capitaliser la quasi-totalité des profits pendant dix ans, puis de procéder à des distributions ciblées une fois votre objectif patrimonial atteint. Pour un investisseur qui vise l’investissement de long terme via une société, cette souplesse est bien plus confortable que le cadre rigide d’un compte-titres personnel.

Enfin, la SASU offre une image « professionnelle » vis-à-vis des banques, courtiers et partenaires potentiels. Disposer d’une structure dédiée à l’investissement boursier peut faciliter l’ouverture de comptes professionnels, la négociation de conditions tarifaires spécifiques et, le cas échéant, l’accès à des produits réservés aux personnes morales. Vous structurez ainsi votre activité d’investisseur comme une véritable entreprise, avec une stratégie, des processus et des comptes clairement identifiés.

Optimisation de l’EURL pour les stratégies de trading haute fréquence

L’EURL, souvent perçue comme une structure « classique » pour les petites activités commerciales, peut se révéler adaptée pour des stratégies de trading intensif ou assimilées à une activité professionnelle. Lorsque le gérant est une personne physique et opte pour le régime réel, certaines charges (abonnements à des flux de données temps réel, logiciels de trading, matériel informatique, formation) peuvent être déduites du résultat imposable, ce qui contribue à améliorer le rendement net de votre activité boursière.

Dans le cadre d’un trading haute fréquence via une société, la qualification de l’activité comme professionnelle est centrale. Plus l’activité de trading est répétée, quotidienne et significative, plus il est cohérent de la loger dans une EURL soumise à l’IS, plutôt qu’en nom propre. L’EURL permet alors d’isoler cette activité à forte rotation, potentiellement volatile, tout en bénéficiant du régime de l’impôt sur les sociétés pour lisser les résultats sur plusieurs exercices.

L’EURL présente également un intérêt sur le plan social lorsque le gérant est affilié au régime des travailleurs non salariés (TNS). Les cotisations sociales, calculées sur la rémunération et une partie des dividendes, restent en moyenne plus faibles que celles d’un dirigeant assimilé salarié de SAS ou SASU pour un même niveau de revenu net. Pour un trader actif qui se rémunère principalement par dividendes et conserve une part importante du résultat en société, cette différence de charges sociales peut devenir significative au bout de quelques années.

Comparaison des charges sociales entre dirigeant assimilé salarié et TNS

Le choix entre SAS/SASU et EURL ne se limite pas à une question de flexibilité statutaire ou de fiscalité des plus-values. Il a un impact direct sur le coût global de votre protection sociale. En SAS ou SASU, le président est assimilé salarié : ses rémunérations sont soumises aux cotisations du régime général, avec un taux global pouvant approcher 70 % du net versé, mais en contrepartie d’une meilleure couverture (retraite, prévoyance, assurance maladie).

En EURL, le gérant majoritaire relève du régime TNS, avec un taux de charges souvent compris entre 35 % et 45 % du revenu net, selon la situation. La protection est moins généreuse, mais le prélèvement social est plus léger, ce qui peut convenir à un investisseur qui dispose par ailleurs de protections complémentaires (contrat Madelin, assurance privée, patrimoine déjà constitué). Vous hésitez entre ces deux régimes ? La bonne approche consiste à raisonner en coût total (cotisations + impôt) sur plusieurs années, plutôt qu’en pourcentage isolé.

Il faut aussi tenir compte du traitement social des dividendes. En SAS/SASU, les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales mais uniquement la flat tax de 30 % (sauf option pour le barème). En EURL soumise à l’IS avec gérant TNS, une part des dividendes versés au-delà de 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes en compte courant d’associé peut être assujettie aux cotisations sociales. Pour une société qui investit en bourse avec beaucoup de dividendes, ce détail technique peut fortement orienter le choix de la structure.

Capital social minimum et apports en nature pour les holdings d’investissement

Bonne nouvelle pour les investisseurs : la plupart des formes sociales utilisées pour une holding d’investissement (SAS, SASU, SARL, EURL) ne requièrent aucun capital social minimum légal élevé. Vous pouvez théoriquement créer votre société avec 1 €, même si, en pratique, un capital plus conséquent renforce la crédibilité auprès des banques et des courtiers. Pour une holding patrimoniale qui vise à gérer plusieurs centaines de milliers d’euros de titres, un capital de départ de 5 000 à 10 000 € est souvent perçu comme plus cohérent.

Les apports en nature constituent un puissant levier pour structurer une holding familiale d’investissement. Il est possible d’apporter à la société des titres déjà détenus en direct (actions non cotées, parts de SCPI, créances, parfois portefeuilles titres sous conditions) en échange de parts sociales ou d’actions de la holding. Cette opération, souvent réalisée sous le contrôle d’un commissaire aux apports selon les seuils, permet de centraliser vos actifs financiers au sein d’une même entité, sans forcément mobiliser de nouveaux capitaux en numéraire.

Au-delà de la simple question comptable, ces choix d’apports influencent aussi la fiscalité des futures cessions. En effet, la date d’acquisition retenue, la valeur d’apport et les régimes de report d’imposition éventuels conditionnent le calcul des plus-values ultérieures. Avant de transférer votre portefeuille existant dans une holding, il est donc prudent d’arbitrer avec un conseil spécialisé : un schéma mal calibré peut annuler une partie des bénéfices attendus de la création d’une société pour investir en bourse.

Fiscalité des sociétés d’investissement : IS, régime des plus-values et niche madelin

La fiscalité constitue le nerf de la guerre lorsqu’on envisage d’investir en bourse via une société. L’impôt sur les sociétés (IS), le régime des plus-values professionnelles et certains dispositifs incitatifs comme la niche Madelin peuvent transformer en profondeur le rendement net de votre stratégie. Plutôt que d’opposer simplistement « IS versus impôt sur le revenu », il est plus pertinent d’analyser comment ces différents mécanismes interagissent sur un horizon de 10 à 20 ans.

Un des grands atouts de la société d’investissement est la capacité à laisser les profits travailler à l’intérieur de la structure, sous un taux d’IS souvent inférieur à la flat tax appliquée en direct. Tant que vous ne distribuez pas de dividendes, vous ne déclenchez pas l’imposition au niveau de l’associé. Vous bénéficiez ainsi d’un effet boule de neige fiscal : les bénéfices réinvestis en portefeuille génèrent eux-mêmes des gains, qui ne seront taxés qu’à la sortie.

Taux réduit d’impôt sur les sociétés à 15% pour les PME investisseuses

En France, les PME qui remplissent certaines conditions (chiffre d’affaires inférieur à 10 M€, capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques, etc.) peuvent bénéficier d’un taux réduit d’IS de 15 % sur la tranche de bénéfice jusqu’à 42 500 € (seuil 2025). Pour un investisseur qui crée une petite société pour investir en bourse, cette tranche à 15 % est particulièrement intéressante pour les premières années d’activité.

Concrètement, si votre société d’investissement dégage 40 000 € de bénéfices boursiers annuels (dividendes + plus-values – frais), l’impôt sur les sociétés dû à 15 % sera de 6 000 €, là où la flat tax à 30 % en nom propre aurait représenté 12 000 €. Vous conservez donc 34 000 € en société, contre 28 000 € en direct, que vous pouvez réinvestir immédiatement sur les marchés. Année après année, cet écart nourrit une différence de capitalisation qui devient significative au bout d’une décennie.

Au-delà de cette première tranche, le taux normal de l’IS (actuellement 25 %) reste souvent inférieur au cumul flat tax + prélèvements sociaux appliqués aux particuliers. La clé est cependant de bien anticiper la phase de distribution : si vous distribuez massivement les profits chaque année sous forme de dividendes, vous perdez une partie de l’avantage obtenu à l’IS. L’intérêt d’investir en bourse par une société soumise à l’IS est donc maximal si vous avez la capacité de laisser fructifier le capital sur une longue période sans le consommer.

Régime des plus-values professionnelles et abattement pour durée de détention

Les plus-values sur titres réalisées par une société d’investissement sont, en principe, des plus-values professionnelles imposées à l’IS. Il existe toutefois des régimes spécifiques, notamment pour les titres de participation et certaines cessions intragroupes, qui peuvent bénéficier d’une quasi-exonération (régime des plus-values à long terme avec quote-part de frais et charges de 12 %). Pour un portefeuille purement boursier de titres cotés, on reste le plus souvent dans le régime ordinaire, mais vous pouvez, par exemple, loger des participations stratégiques dans des filiales.

Vous avez sans doute entendu parler des abattements pour durée de détention en matière de plus-values mobilières chez les particuliers. En société, la logique est différente : il n’y a pas d’abattement linéaire en fonction du temps, mais la structuration en holding animatrice ou en holding de reprise peut permettre d’accéder à des régimes de faveur à la sortie (notamment lors d’une cession globale de la participation). L’optimisation se joue alors davantage au niveau de la structuration du groupe qu’au niveau de chaque ligne de portefeuille.

En pratique, l’absence d’abattement temps de détention est largement compensée par la capacité de compenser les pertes et de bénéficier des taux d’IS réduits. C’est un peu comme comparer un marathon et un sprint : en direct, vous pouvez marquer un « bonus » si vous tenez les titres longtemps, mais vous subissez une forte imposition immédiate en cas de rotation fréquente. En société, vous avancez à un rythme plus régulier, avec un taux connu et une marge de manœuvre plus large pour lisser vos résultats.

Déductibilité des frais de courtage et commissions interactive brokers

Autre avantage majeur de l’investissement boursier via une société : la déductibilité des frais directement liés à l’activité. Les commissions de courtage, les frais de garde, les abonnements à des flux temps réel, voire certaines formations spécialisées, peuvent être comptabilisés en charges et venir réduire le résultat imposable. Pour un investisseur particulier, ces frais sont rarement déductibles de l’assiette de la flat tax ; en société, ils prennent tout leur sens.

Par exemple, si vous utilisez un courtier comme Interactive Brokers pour votre société de trading, l’ensemble des commissions payées sur l’année (achats/ventes, frais de change, éventuels frais de données) viennent diminuer le bénéfice soumis à l’IS. Un trader actif qui réalise plusieurs centaines d’ordres par mois peut ainsi neutraliser une partie de ses coûts opérationnels, là où ces mêmes frais seraient pleinement supportés en nom propre. Cet effet est d’autant plus sensible avec des stratégies de rotation rapide du portefeuille.

Attention toutefois à ne pas tomber dans l’excès : l’administration fiscale veille à ce que les charges déduites soient nécessaires à l’exploitation et proportionnées à l’activité. Un abonnement onéreux à un service de données institutionnelles alors que votre société réalise quelques ordres par trimestre pourrait être contesté. Comme souvent, la clé réside dans la cohérence globale de votre projet et la traçabilité des dépenses.

Mécanisme du report déficitaire sur les moins-values boursières

Les marchés financiers ne montent pas en ligne droite. Certaines années, votre société d’investissement affichera un résultat négatif, que ce soit en raison de moins-values boursières importantes ou d’un recul des dividendes perçus. Bonne nouvelle : les déficits réalisés peuvent, en principe, être reportés sur les exercices suivants et venir se compenser avec les bénéfices futurs, selon les règles du report déficitaire de l’IS (report en avant illimité dans le temps sous plafonds, et sous conditions report en arrière).

Sur le plan pratique, cela signifie que des pertes enregistrées lors d’un krach boursier peuvent « servir » à réduire l’impôt à payer lors des années de forte reprise. Là où un particulier verrait ses pertes se prescrire au bout de dix ans, une société de portefeuille peut garder la trace comptable de ses moins-values et amortir leur impact fiscal dans la durée. Ce mécanisme de lissage constitue un véritable amortisseur face à la volatilité des marchés.

Il convient néanmoins de distinguer le traitement fiscal des moins-values sur titres de placement et celui des déficits d’exploitation. Selon la nature des actifs, certaines moins-values peuvent relever de régimes spécifiques. La tenue d’une comptabilité précise, appuyée par un expert-comptable qui maîtrise les règles applicables aux sociétés d’investissement, est ici indispensable pour tirer pleinement parti des possibilités offertes par le report déficitaire.

Procédures administratives et réglementaires pour créer une société d’investissement

Sur le plan administratif, créer une société pour investir en bourse ne diffère pas fondamentalement de la création de n’importe quelle autre société commerciale. Il faut rédiger les statuts, définir l’objet social (en y intégrant clairement l’investissement en instruments financiers), constituer le capital, déposer les fonds, publier une annonce légale et immatriculer la société au registre du commerce et des sociétés (RCS). Selon la complexité du projet, cette phase prend en général de deux à six semaines.

La particularité des sociétés d’investissement tient davantage aux obligations réglementaires liées aux marchés financiers. Toute personne morale qui souhaite passer des ordres sur actions, obligations ou dérivés doit obtenir un identifiant unique appelé LEI (Legal Entity Identifier). Sans ce code, les courtiers sérieux refuseront l’ouverture d’un compte-titres au nom de la société. La demande de LEI se fait en ligne auprès d’organismes agréés, moyennant des frais initiaux et un renouvellement annuel modeste.

En principe, une société qui investit pour son propre compte n’est pas tenue de solliciter un agrément de prestataire de services d’investissement (PSI) ni d’être enregistrée comme société de gestion, dès lors qu’elle ne gère pas de fonds pour le compte de tiers. Cependant, si vous envisagez d’ouvrir votre capital à de nombreux investisseurs ou de collecter de l’épargne auprès du public, le cadre réglementaire change radicalement et l’Autorité des marchés financiers (AMF) devra être saisie. Pour un investisseur patrimonial qui gère exclusivement ses propres avoirs, le respect des obligations de transparence (comptes annuels, fiscalité, LEI) reste le principal enjeu.

Stratégies patrimoniales avancées : holding familiale et transmission d’actifs financiers

Au-delà de la simple optimisation fiscale annuelle, la création d’une holding d’investissement ouvre la voie à des stratégies patrimoniales de long terme : mutualisation des actifs d’un couple ou d’une famille, préparation de la transmission aux enfants, protection de certains héritiers, etc. La holding financière agit alors comme un « coffre-fort » structuré, au sein duquel vous organisez la détention des titres cotés, des parts de SCPI, du private equity et des participations dans des sociétés opérationnelles.

Un des avantages majeurs de la holding familiale est la possibilité de transmettre progressivement des parts de la société plutôt que de céder directement les titres sous-jacents. Grâce aux donations échelonnées, voire au recours au dispositif Dutreil dans certains cas (notamment pour les holdings animatrices), vous pouvez bénéficier d’abattements substantiels sur les droits de mutation. Au lieu de léguer à chaque enfant un portefeuille éclaté, vous leur transmettez une participation dans une structure unique, assortie de règles de gouvernance définies à l’avance.

Cette approche présente aussi un intérêt en matière de gouvernance et de continuité. Vous pouvez, par exemple, conserver la majorité des droits de vote tout en donnant la nue-propriété des parts à vos héritiers, ou prévoir des clauses précises dans un pacte d’associés pour encadrer la sortie éventuelle de certains membres de la famille. Pour un patrimoine financier significatif, la holding devient ainsi un outil de cohésion, au service d’une vision de long terme plutôt qu’un simple véhicule d’optimisation fiscale.

Comptabilité spécialisée et obligations déclaratives des sociétés de portefeuille

Gérer une société de portefeuille implique une rigueur comptable supérieure à celle d’un simple compte-titres personnel. Chaque opération boursière (achat, vente, dividende, coupon, frais de courtage, change) doit être correctement enregistrée dans les journaux comptables, avec un suivi précis des plus-values et moins-values latentes et réalisées. Les normes comptables françaises (ou IFRS pour les structures plus complexes) prévoient des règles spécifiques de valorisation des instruments financiers à la clôture.

Sur le plan déclaratif, la société doit produire chaque année des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexes), une liasse fiscale détaillée et, le cas échéant, des déclarations spécifiques si elle détient des participations à l’étranger ou des comptes bancaires hors de France. Les dividendes et intérêts reçus font l’objet d’un traitement particulier, tout comme les retenues à la source subies à l’international, qui peuvent parfois donner droit à un crédit d’impôt dans le cadre des conventions fiscales.

Pour un investisseur qui souhaite se concentrer sur sa stratégie boursière plutôt que sur la technique comptable, le recours à un expert-comptable habitué aux sociétés d’investissement et holdings patrimoniales est vivement recommandé. Non seulement il sécurise la conformité de vos déclarations, mais il peut aussi vous aider à identifier des pistes d’optimisation (choix des options fiscales, amortissements possibles, traitement des frais, etc.). Voyez-le comme un « copilote » indispensable pour que votre véhicule d’investissement reste sur la bonne trajectoire réglementaire.

Partenaires institutionnels : banques d’affaires, courtiers professionnels et conseillers en gestion de patrimoine

Une société d’investissement performante ne se construit pas seule. Autour de votre structure, vous allez progressivement constituer un écosystème de partenaires : banque commerciale pour la gestion du compte courant et des moyens de paiement, courtier en ligne ou banque d’investissement pour l’accès aux marchés, assureurs pour couvrir certains risques, conseils juridiques et fiscaux pour ajuster votre architecture patrimoniale. Le choix de ces partenaires conditionne directement la qualité de vos conditions tarifaires, l’étendue de votre univers d’investissement et la sécurité de vos opérations.

Les courtiers professionnels, qu’il s’agisse d’acteurs internationaux comme Interactive Brokers ou de plateformes françaises spécialisées, proposent souvent des grilles tarifaires dédiées aux personnes morales investissant en bourse. Vous pouvez bénéficier de frais de courtage dégressifs, d’un accès à des marchés plus larges (actions, futures, options, obligations, devises) et d’outils d’analyse avancés. En contrepartie, la complexité technique augmente, ce qui renforce l’importance d’une bonne formation et, parfois, de l’accompagnement par un conseiller expérimenté.

Enfin, le recours à un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) ou à une société de conseil indépendante peut s’avérer précieux pour articuler votre société d’investissement avec le reste de votre patrimoine (immobilier, contrats d’assurance-vie, PEA, PER, etc.). Faut-il privilégier le réinvestissement en société ou la distribution de dividendes pour alimenter vos enveloppes personnelles ? Comment préparer la transmission sans alourdir la facture fiscale ? Autant de questions qui se traitent mieux avec une vision globale que par une succession de décisions ponctuelles. En structurant votre projet dès le départ avec les bons partenaires, vous transformez votre société d’investissement boursier en véritable outil stratégique au service de vos objectifs de long terme.

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