Souffrance au travail : quelles sont les démarches de prévention nécessaires ?

Le secteur professionnel est un milieu à haut risque psychosocial. En réalité, la hiérarchisation professionnelle impose un rythme de travail effréné. Ainsi, l’atteinte des résultats fixés est une priorité en entreprise. Dans ce contexte, il n’est pas toujours aisé de définir une approche capable de permettre un réel épanouissement des travailleurs. Il en découle des risques psychosociaux de détérioration de la santé au travail. Parmi ces risques, la souffrance au travail est une crise répandue. Cette crise n’est pourtant pas de nature à favoriser le développement d’une entreprise puisque les ressources humaines constituent un appui indispensable pour une meilleure productivité. Dans l’intérêt individuel, mais également collectif, il y a donc lieu de prévenir les risques au travail. Si vous envisagez d’organiser une prévention des risques professionnels, il est important de mettre en place une démarche de prévention efficace.

Tout savoir sur la souffrance au travail

Les recherches scientifiques sur les situations de souffrance professionnelle ont révélé l’ampleur du mal depuis les années 2000. Malheureusement, il persiste des cas où les responsables d’entreprise méconnaissent ces pressions. En réalité, les risques de troubles psychosociaux sont constamment présents chez chaque individu dans son milieu professionnel. Toutefois, chaque individu y est différemment exposé en fonction de ses expériences, de son vécu et de ses facultés d’adaptation au problème. En entreprise, il existe beaucoup de facteurs préjudiciables pour la santé au travail (santé mentale, physique et sociale d’un individu). Dans une démarche de prévention, il est important pour tout acteur impliqué de savoir au préalable identifier les situations à risque pouvant soutenir une souffrance professionnelle. Il faut savoir aussi reconnaître les indicateurs de risques psychosociaux. En la matière, les causes sont légion et peuvent provenir à la fois de l’intensité et de la complexité du travail, du manque d’autonomie professionnelle, des mauvais rapports sociaux-professionnels ou encore de l’insécurité de l’emploi, etc. Ces facteurs à haut risque induisent des perturbations sur la santé mentale du travailleur. Pour intervenir, il est important de pouvoir déceler chez le salarié, tout comportement comme l’anxiété, l’irritabilité, un état dépressif, une consommation inhabituelle de substances psychoactives, des troubles de la concentration, une lenteur dans l’exécution des tâches, la démotivation, la perte de confiance, la détérioration des relations professionnelles ou un isolement. Il n’est pas toujours aisé de percevoir à temps les signes avant-coureurs de la souffrance au travail afin d’engager la prévention des risques professionnels. C’est la raison pour laquelle une formation souffrance au travail peut être utile.

Réformer la gestion managériale de l’entreprise

La prévention des risques au travail est une responsabilité partagée entre plusieurs acteurs du système. En réalité, conformément au Code du travail, l’employeur a l’obligation de garantir la santé au travail et d’éviter toute tension professionnelle à ses salariés. Ce devoir suppose la bonne foi de l’employeur. Dans cette logique, tout manager ayant à cœur santé et sécurité de ses employés doit restreindre les contraintes pesant sur ses collaborateurs. Il doit être conscient que pour prévenir les risques, il n’est ni convenable de dépasser les horaires réglementaires préconisés, ni convenable d’imposer un rythme de travail irrégulier au personnel. Dans sa démarche préventive, il doit pouvoir anticiper sur les aléas et les situations fortuites pour éviter de solliciter ses agents pendant leur temps personnel. De plus, le manager doit développer un management de proximité à l’égard de son équipe. Ce soutien est d’une importance fondamentale pour la construction psychologique des salariés. Il implique le respect et la reconnaissance du travail accompli ainsi que la consolidation de l’esprit de groupe. Le responsable d’une entreprise doit s’employer à instaurer des espaces de dialogues et d’expression libre. Ces creusets permettent de refouler les frustrations et d’engager davantage les travailleurs. Pour les salariés moins productifs, le manager doit éviter toute attitude dévalorisante et doit les aider à changer. Pour ces raisons, il va sans dire qu’une formation souffrance au travail est indispensable pour un décideur.

Engager l’action collective

L’employeur joue un rôle déterminant dans les conditions psychosociales de son personnel. Outre les réajustements managériaux qu’il peut mettre en œuvre, il est tenu de veiller au respect des visites d’information, d’inspection et des visites de reprise. Ces inspections ont pour but d’évaluer le niveau de santé et sécurité du salarié. Toutefois, les mesures préventives n’auraient une force probante que dans la mesure où le manager serait de bonne foi. En fait, dans certains cas, la bonne foi de l’employeur n’est pas toujours de mise. C’est la raison pour laquelle les représentants du personnel doivent contribuer à écarter tout abus de l’employeur, mais également en attirant son attention sur les risques liés à sa gestion technique et sociale.

Approfondir la formation et la sensibilisation

La prévention des risques professionnels implique aussi que le manager suive les indicateurs d’alerte afin de réagir en temps utile. En bon gestionnaire des ressources humaines, toute baisse de rendement ou toute attitude non conforme aux standards de son collaborateur doit l’amener à rechercher les causes profondes. Par ailleurs, conscient des risques auxquels il est exposé, le travailleur doit se faire suivre par un médecin du travail. Une veille permanente est requise de son entourage. C’est précisément pour cette raison que toute formation souffrance au travail doit prendre en compte les personnes médiates et s’étendre à une sensibilisation élargie.