Retour de créateur d’entreprise

« Après 18 ans de vie professionnelle dense en marketing et commercial dans la distribution, et sur la base d’une intuition qui est restée tenace sur plusieurs années, j’ai décidé de créer une maison d’Edition dans le domaine de la poésie, sur la base d’une innovation radicale dans le support.

Persuadé qu’il n’y a pas de fatalité et qu’il y a bien un marché ‘grand public’ pour la poésie, je réfléchis à la problématique de sa diffusion. Je pense à la forme du recueil, à la manière dont ce livre se lit et à la difficulté d’y accéder pour le grand public. En tant que lecteur, bien souvent j’éprouve le sentiment qu’un seul poème peut suffire. Addition, convergence, et créativité : l’idée du billet-poème s’impose à moi comme une forme radicalement nouvelle, favorable à une diffusion populaire de la poésie : un recueil comportant un seul poème, une simple feuille qui circule, passe de main en main, portant le poème. Comme le seul autre feuillet qui passe de main en main, sans se perdre : le billet de banque !

Le billet-poème : un billet de mots, billet doux, billet d’humeur. L’idée est déposée, datée, protégée. Nous sommes en 1997.

La crise : menace et opportunité, un élément révélateur

Mais la vie continue, avec son rythme infernal, le temps accéléré par une vie professionnelle dense. Alors, quand la crise arrive pour moi en 2009 sous la forme d’un licenciement, la question se pose à nouveau. Rechercher un emploi en plein marasme, ou créer son propre emploi, saisir l’opportunité de créer, d’innover, de rester debout, imaginatif et actif ? C’est presque une évidence : il faut se donner sa chance !

Le billet-poème ou le livre en une seule page

Il faut alors passer du concept à la réalisation. Recherches sur le support, sur l’identité visuelle. Une marque, un logo. Des partis pris nécessaires, comme celui de proposer une double lecture : le texte du poème d’un côté, une œuvre originale d’artiste de l’autre. Une passerelle riche entre deux mondes de création de l’esprit. Fin juin 2009, le billet-poème est devenu une réalité physique. Imprimé sur un support papier ultra résistant, presque indéchirable, lavable, ce rectangle de 8,5cm sur 16 cm tient ses promesses. Véritable livre en une seule page, répertorié avec un ISBN, déposé légalement à la Bibliothèque Nationale de France, vendu un euro. Une initiative éditoriale véritablement anti-crise, d’un point de vue économique et sociétal.

Alors dans ce cas d’une démarche peu capitalistique, plutôt que de faire une étude de marché, il faut tester son marché grandeur réelle je suis pour cela entré dans une couveuse d’entrepreneurs : le GEAI – des Boutiques de Gestion Paris (République).

En 10 mois, avec 15 poèmes édités dont 4 poètes vivants, 8 artistes impliqués, 1 graphiste, le billet-poème est à la fois un support éditorial vendu dans 26 librairies, un support pédagogique testé dans les collèges et utilisé en milieu carcéral, et un support relationnel et événementiel au service des entreprises. Le modèle économique n’est pas encore stabilisé, mais les axes de développement se dessinent, et les rencontres sont étonnantes.

Au coeur du dispositif, un site-blog contributif : http://www.lebilletpoeme.fr et une conviction forte…l’avenir appartient à des projets ouverts à l’intelligence collective.

Une règle enfin…il faut du temps pour installer une idée nouvelle, de la persévérance, du culot parfois, de l’énergie toujours ! Après 12 mois en couveuse G.E.A.I., je rejoins début juin une Coopérative d’Activités et d’Emplois (C.A.E.) à Barbès dénommée CLARA…pour ne pas rester isolé, fonctionner en réseau et en dynamique collective. »

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