Sophie de Menthon et le savoir-vivre en entreprise

La performance et l’efficacité sont les maitres mots de la vie en entreprise. N’en aurait-on pas perdu les règles du savoir vivre ensemble, sur l’autel du tout profit? Il faut certainement renouer avec les bonnes manières, ne serait-ce que pour ne pas nous réveiller demain avec des générations de mufles et de garnements décomplexés, ayant perdu tout repère de vie en société. Est-ce que notre monde du 21ème siècle n’est pas malade de l’individualisme triomphant qui assèche notre soif d’être ensemble, d’écouter et de respecter l’autre ? L’auteur s’interroge et parfois s’offusque de ces petits renoncements de certains, de ces franches transgressions d’autres, qui font dériver notre monde vers des lendemains qui déchantent.

Des anecdotes criantes de vérité, qui interrogent

Dans son livre, Sophie de Menthon rapporte nombre d’exemples et de situations qui lui ont été relatées, et qui montrent le décalage croissant entre bonne éducation et comportement en société, y compris dans l’univers professionnel, dont on pouvait penser qu’il y régnait une étiquette de bon aloi. Que nenni! Propriétaires de Ferrari squattant les places de stationnement réservée au nez et à la barbe d’un handicapé, harcèlement de PDG lors de cocktails pour une remise de CV un peu insistante, les incivilités de la vie professionnelle sont en expansion, elles aussi: Plus aucune gène pour mettre en avant ses intérêts, tordre un peu le bras aux convenances ne peut pas nuire, puisque ce n’est pas fait dans une mauvaise intention. A ce train-là le monde professionnel va devenir invivable, si plus personne ne convient que sa propre liberté s’arrête lorsqu’il empiète sur celle des autres.

Communication à l’ère internet: il faut garder un cadre!

Dans le monde professionnel de beaucoup d’entreprise, on se tutoie, on se bise à tout va, on ne porte plus cravate ni costume. Certains de ces comportements, surtout ajoutés les uns aux autres, ont fini par désacraliser le soi en entreprise, où l’on se comporte finalement comme à la maison. On s’aperçoit, comme l’auteur l’explique que cela a des conséquences néfastes sur la performance globale, parfois sur l’engagement. Ces comportements individualistes peuvent finir par créer des tensions dans les groupes.

Le retour des bonnes manières, vite !

On ne « se prend pas la tête »! Oui, peut être, mais avec toute cette cool attitude, on finit immanquablement par devenir trop familier, peu regardant et peu à l’écoute de ceux qui vous entourent. Le savoir vivre n’est plus une valeur ringarde comme on pouvait le penser mais un moyen de mieux vivre ensemble, au lieu de vivre les uns à côté des autres. Le savoir vivre pourrait même devenir « branché »! Le Savoir vivre serait pour l’auteur tout simplement un art de vivre.