Avoir des idées, c’est bien et aujourd’hui beaucoup de statuts (notamment l’auto entrepreneur) permettent de passer à l’acte.
Mais décider que l’idée est la bonne peut-être difficile et le choix ‘cornélien’.
Alors, vous, comment déterminez vous que l’idée est la bonne ? Ou si vous êtes en train de créer, quelles réflexions déterminantes avez-vous menées avant de vous lancer ?
La parole est à VOUS, laissez nous vos commentaires et réflexions
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18/05/2010

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Have a nice day
Dougles
Après 18 ans de vie professionnelle dense en marketing et commercial dans la distribution, et sur la base d’une intuition qui est restée tenace sur plusieurs années, j’ai décidé de créer une maison d’Edition dans le domaine de la poésie, sur la base d’une innovation radicale dans le support.
Persuadé qu’il n’y a pas de fatalité et qu’il y a bien un marché ‘grand public’ pour la poésie, je réfléchis à la problématique de sa diffusion. Je pense à la forme du recueil, à la manière dont ce livre se lit et à la difficulté d’y accéder pour le grand public. En tant que lecteur, bien souvent j’éprouve le sentiment qu’un seul poème peut suffire. Addition, convergence, et créativité : l’idée du billet-poème s’impose à moi comme une forme radicalement nouvelle, favorable à une diffusion populaire de la poésie : un recueil comportant un seul poème, une simple feuille qui circule, passe de main en main, portant le poème. Comme le seul autre feuillet qui passe de main en main, sans se perdre : le billet de banque !
Le billet-poème : un billet de mots, billet doux, billet d’humeur. L’idée est déposée, datée, protégée. Nous sommes en 1997.
La crise : menace et opportunité, un élément révélateur
Mais la vie continue, avec son rythme infernal, le temps accéléré par une vie professionnelle dense. Alors, quand la crise arrive pour moi en 2009 sous la forme d’un licenciement, la question se pose à nouveau. Rechercher un emploi en plein marasme, ou créer son propre emploi, saisir l’opportunité de créer, d’innover, de rester debout, imaginatif et actif ? C’est presque une évidence : il faut se donner sa chance !
Le billet-poème ou le livre en une seule page
Il faut alors passer du concept à la réalisation. Recherches sur le support, sur l’identité visuelle. Une marque, un logo. Des partis pris nécessaires, comme celui de proposer une double lecture : le texte du poème d’un côté, une œuvre originale d’artiste de l’autre. Une passerelle riche entre deux mondes de création de l’esprit. Fin juin 2009, le billet-poème est devenu une réalité physique. Imprimé sur un support papier ultra résistant, presque indéchirable, lavable, ce rectangle de 8,5cm sur 16 cm tient ses promesses. Véritable livre en une seule page, répertorié avec un ISBN, déposé légalement à la Bibliothèque Nationale de France, vendu un euro. Une initiative éditoriale véritablement anti-crise, d’un point de vue économique et sociétal.
Alors dans ce cas d’une démarche peu capitalistique, plutôt que de faire une étude de marché, il faut tester son marché grandeur réelle je suis pour cela entré dans une couveuse d’entrepreneurs : le GEAI – des Boutiques de Gestion Paris (République).
En 10 mois, avec 15 poèmes édités dont 4 poètes vivants, 8 artistes impliqués, 1 graphiste, le billet-poème est à la fois un support éditorial vendu dans 26 librairies, un support pédagogique testé dans les collèges et utilisé en milieu carcéral, et un support relationnel et événementiel au service des entreprises. Le modèle économique n’est pas encore stabilisé, mais les axes de développement se dessinent, et les rencontres sont étonnantes.
Au coeur du dispositif, un site-blog contributif : http://www.lebilletpoeme.fr et une conviction forte…l’avenir appartient à des projets ouverts à l’intelligence collective.
Une règle enfin…il faut du temps pour installer une idée nouvelle, de la persévérance, du culot parfois, de l’énergie toujours ! Après 12 mois en couveuse G.E.A.I., je rejoins début juin une Coopérative d’Activités et d’Emplois (C.A.E.) à Barbès dénommée CLARA…pour ne pas rester isolé, fonctionner en réseau et en dynamique collective.
[...] Créer Entreprendre est un lieu d’échange et à ce titre nous publions le commentaire de Aude suite à l’article Discussion libre : Comment savoir que l’idée est la bonne ? [...]
Concernant l’idée business, une véritable passion mais aussi une bonne connaissance préalable du secteur dans lequel je souhaitais créer mon activité (le marché de l’art contemporain) ont fait naître la première impulsion.
Le fait d’avoir travaillé pour une galerie d’art, de m’être frottée aux foires d’art contemporain et d’avoir baigné dans le milieu tout en gardant un regard extérieur a été déterminant.
Une fois l’idée formulée, j’ai conduit une dizaine d’entretiens individuels plus ou moins formels, avec des amis et connaissances pour tester le concept. Ces entretiens m’ont permis de peaufiner mon projet.
La capacité d’empathie avec sa cible, le fait de se mettre à sa place pour apporter un service qui ait une réelle valeur ajoutée (proposition de valeur) a été la clef de voûte.
Avant de se lancer, les résultats d’une étude de marché ont été décisifs: ils m’ont confirmé que mon offre était plus qu’une simple bonne idée et répondait à un besoin réel.
Le feu vert de plusieurs consultants spécialisés dans l’accompagnement à la création d’entreprise m’a apporté la confiance nécessaire lors de la revue du business plan(surtout pour l’aspect faisabilité ainsi que la réponse à la question suivante: vais-je pouvoir en vivre? structure des coûts, projection flux de revenus, revue du business model).
Une juste évaluation du risque et le fait de se savoir soutenue par mon partenaire ont enfin levé les derniers doutes…
Mais au-delà des chiffres ou études et du business plan, il y a une certaine dose d’intuition et de détermination qui fait que l’on ’sent’ que l’idée est la bonne et qu’elle est mûre. Se frotter au marché et au terrain le plus tôt possible a été nécessaire (surtout lorsqu’on a un profil plutôt ‘analytique’ ou a toujours travaillé dans de grosses structures comme c’était mon cas auparavant).
Etant actuellement en phase de lancement, les premières ’success stories’, l’enthousiasme des premiers clients et partenaires (ex. : une agence wedding planner en Allemagne offre désormais à ses clients des bons cadeaux associés à la recherche personnalisée d’oeuvres d’art répondant aux goûts des jeunes mariés; j’ai aussi été sollicitée par des professionnels de l’immobilier ou de la gestion de patrimoine souhaitant offrir à leurs clients un service personnalisé et haut de gamme de conseil à l’acquisition d’oeuvres d’art contemporain), m’ont permis de vérifier que l’idée bénéficiait d’un véritable écho et générait des synergies.
En continu, le feedback de chacun – amis, connaissances, prospects, ou simples curieux – me permet d’avancer, tout comme le soutien d’une coach spécialisée en développement business que je rencontre environ 2 fois par mois.
Merci Aude de ce retour.
C’est impressionnant. On a décidé de te publier en direct car c’est un retour d’excellente qualité.
De plus et cela c’est du réseau, nous connaissons quelqu’un (bon background) qui souhaitait se lancer dans la ‘vente’ d’art auprès des entreprises.
Si ce contact t’intéresse, nous pouvons vous mettre en relation.
Cordialement,
Merci pour ce témoignage qui m’a donné envie de partager mon expérience dans une autre commentaire sur le billet-poème, une innovation dans l’édition.
Des idées fortes comme l’importance de la passion, de l’intuition, des actes, de se frotter au terrain le plus tôt et le plus souvent possible.
Longue vie à votre projet.
J’ai rencontré des créateurs qui ont des projets passionnants et ambitieux dans le domaine de l’art contemporain. Notamment entreprisecontemporaine.fr
Bonne chance.
Merci de ce retour. A retrouver dans Idée Libre
A bientôt